Entretien avec Pascal Julien

Pascal Julien

Rendez-vous avec Pascal Julien, tête de liste EELV (Europe Écologie Les Verts) à qui nous avons posé les questions suivantes :


  • ADDM18 : Vous engagez-vous à redonner à la Place des Abbesses un aspect qui permette à nouveau de profiter de la vue de l'église St-Jean et l'entrée de métro Guimard, deux monuments protégés (le premier vient d'être classé, en novembre 2013, au titre des Monuments historiques, le second est inscrit à l'inventaire supplémentaire depuis mai 1978) ? À cet effet, l’autorisation accordée au manège ne devrait être que périodique, la décoration très criarde de "poulbots" devrait être revue, et la baraque de vente supprimée.

    P. Jullien : En ce qui concerne le manège et son annexe, je suis clairement en faveur d'une occupation non continue (note de l'ADDM18 : à l'heure actuelle, le manège est installé sur la place 365 jours par an depuis une bonne dizaine d'années), par exemple trois mois par an. Et ce d'autant plus que nous avons réussi, avec les plus grandes difficultés, à obtenir l'installation d'un kiosque à journaux sur la place, après la fermeture de la maison de la presse voisine. L'engorgement est donc évident, et appelle une solution.

    Je considère en effet qu'il est de plus en plus malaisé de circuler sur la place au quotidien, et que cela devient carrément impossible lorsqu'au manège viennent s'ajouter les baraques du marché de Noël, de la fête des produits régionaux, ou du festival de la coquille Saint-Jacques, etc ; ou encore les déballages des brocantes et des vide-greniers. J'ai d'ailleurs activement milité, avec Sylvain Garel, contre la multiplication de déchets (généralement non triés) que ces manifestations occasionnent.

  • Vous engagez-vous à restaurer le jardin Frédéric Dard et surtout à le sécuriser par l'installation d'une clôture, absolument indispensable pour préserver l'intégrité du site, ainsi que la sécurité et la santé du voisinage ?

    Ce travail est engagé depuis longtemps déjà. Le jardin a été créé après une consultation approfondie avec les riverains, au cours de plusieurs réunions d'informations. Il faut reconnaître que l'accès très facile, de jour comme de nuit, provoque des nuisances de plus en plus fréquentes et préoccupantes, et c'est pourquoi la surveillance du lieu a été renforcée.

    Je reconnais cependant que la pose d'une clôture capable d'empêcher ces intrusions (de jour comme de nuit) semble être la solution la plus efficace. Il faut pour cela l'autorisation de l'Architecte des Bâtiments de France, que, en raison de certains changements dans le service, nous n'avons pas encore pu obtenir. Mais je m'engage fermement à me rapprocher de l'ABF compétent pour le 18ème arrondissement, de façon à ce que les travaux nécessaires puissent être entrepris.

  • Vous engagez-vous à entretenir et reboiser dans les règles de l'art les espaces verts du 18ème arrondissement, et notamment la Cité internationale des Arts ? Et à assurer l'entretien et le reboisement des cimetières ?

    Je réponds très clairement là-dessus : je continuerai à entretenir et à reboiser les espaces verts du 18ème arrondissement, et notamment celui de la Cité internationale des Artistes, qui dépend de la DAC, la Direction des Affaires culturelles. En effet, pour cet espace en particulier, j'ai pu constater il y a longtemps déjà, qu'il avait souffert depuis des années d'un manque absolu d'entretien. J'ai fait établir un diagnostic par le Service de l'Arbre, et soumis, au cours d'une réunion d'information avec les riverains, un plan de restauration et d'assainissement des plantations. Ce plan a ensuite été mis en œuvre. Certaines critiques se sont fait entendre, concernant notamment le choix des essences, le nombre d'arbres replantés, les modalités de leur entretien. Ce que je dis pour cet espace vert vaut aussi pour tous les autres : si nous ne remplaçons pas systématiquement tous les arbres abattus, c'est pour garantir un ensoleillement suffisant, permettant au sous-bois de prospérer ; si nous ne les arrosons pas constamment, c'est que, de l'avis même des spécialistes, ce n'est pas toujours indispensable. Quant aux essences, nous choisissons celles qui offrent le meilleur potentiel d'adaptation au terrain.

    Pour ce qui est des cimetières, et notamment du cimetière de Montmartre, je me suis battu, et continuerai à me battre pour protéger le bâti funéraire (classement de certaines tombes particulièrement remarquables, ce qui permet de protéger leur environnement immédiat), et la végétation (tous les arbres du cimetière font l'objet d'un suivi technique annuel). Nous étudions également la possibilité de ménager une seconde entrée au cimetière, par la rue Ganneron (ce qui pose quelques problèmes techniques) ou par la porte déjà existante, à l'angle de la rue Joseph de Maistre et du pont Caulaincourt.

  • Vous engagez-vous à redonner aux piétons l’espace auquel ils ont droit, et pour cela à faire respecter la nouvelle réglementation de la Direction de l’Urbanisme concernant les terrasses (juillet 2011) ?

    Oui, bien entendu. Le problème des terrasses pourrait être en partie résolu par l'application d'une vraie taxe (car à l'heure actuelle, elle est dérisoire), mais qui soit différenciée selon les lieux : le chiffre d'affaires d'une terrasse sur la rue des Abbesses, par exemple, n'a rien à voir avec celui des deux guéridons que mon boulanger installe devant sa boutique les jours de beau temps. Il faut aussi que la répression soit ferme, et que toute contravention à la réglementation donne lieu à procès-verbal, avec des amendes dont le montant soit véritablement dissuasif.

  • Vous engagez-vous à obtenir pour Montmartre suffisamment de moyens concernant la propreté et la sécurité, compte tenu du nombre très important de visiteurs (12 millions par an) ?
    Oui, tout à fait, comme l'indiquent mes engagements ci-dessus.

  • Vous engagez-vous à faire le nécessaire pour obtenir le classement de Montmartre en zone AVAP (Aire de Mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine) ?

    Je suis tout à fait en faveur de tout ce qui peut contribuer à l'unité, à la cohérence et à l'harmonie du paysage montmartrois. Ainsi, par exemple, je suis totalement en faveur du maintien des dents creuses, qui permettent une respiration indispensable dans l'espace urbain.

    Mais je mets en garde aussi contre des réglementations trop contraignantes qui risquent de geler, de paralyser toute évolution.

  • Vous engagez-vous à faire remettre en état le « chemin de lumière », œuvre de Henri Alekan et Patrick Rimoux, dans les escaliers de la rue du Chevalier-de-la-Barre ; les balustrades des escaliers Mont-Cenis (entre la Rue Custine et la Rue Lamarck ) ; les grilles du Jardin Louise Michel ; les entourages des massifs sur les Boulevards de Clichy et Rochechouart ?

    Pour ce qui est du "chemin de lumière", je vous avoue que je ne connais pas vraiment cette installation. Je vais m'informer, la visiter, voir ce qui peut être fait, et je vous tiendrai au courant.

    Pour les balustrades des escaliers et les grilles du jardin Louise Michel, je vais voir avec mes collègues de la voirie.

    Pour ce qui est des jardinières et massifs sur le terre-plein des boulevards, je dois dire que le problème est complexe, et vient en partie d'un mauvais choix au moment de la création de ces espaces. Il aurait fallu prévoir des plate bandes en pleine terre, et non ces jardinières surélevées à rebord, qui permettent aux passants de s'asseoir, et, tout naturellement, de jeter leurs détritus derrière eux. Et l'on peut parfois soupçonner les services de nettoyage de se servir des ces jardinières comme poubelles pour certains détritus ...

    Pourtant, nous ne ménageons pas nos efforts pour nettoyer ces espaces, mais, en très peu de temps, ils sont à nouveau envahis de déchets. Les passants sont nombreux, et peu respectueux de la propreté. Que faudrait-il faire pour améliorer la situation ? J'ai pensé à des opérations "coup de poing" : pendant quinze jours, les contrôles seraient quasi permanents, et très rigoureux : tout contrevenant se verrait immédiatement imposer une amende. Ces opérations pourraient se répéter si nécessaire, à intervalles réguliers.

  • Vous engagez-vous à intervenir efficacement auprès de la RATP pour que des Montmartrobus électriques soient commandés, et pour que la périodicité de ce Montmartrobus soit améliorée ?

    Oui, certainement. Il est de fait que la commande de nouveaux véhicules pose quelques problèmes (les fournisseurs ne sont pas nombreux), mais cela ne devrait pas faire obstacle au renouvellement du parc. Par ailleurs, je me propose de veiller à ce que le système de radiolocalisation SIEL fonctionne correctement, et sur l'ensemble de la ligne, car pour les usagers, le fait de savoir combien de temps ils auront à attendre le passage des bus facilite beaucoup leurs trajets.

  • Vous engagez-vous à intervenir auprès de la Direction des Affaires Culturelles pour que l’avenir de l’espace vert protégé en haut de la Rue Lamarck soit assuré ? Un rapport du Service de l’Arbre de la Direction des Espaces Verts et de l’Environnement mentionnait, en avril 2010, outre 3 arbres morts et 4 très dépérissants qui ont dû être abattus, 19 arbres « en phase de dépérissement prononcé et irréversible ». Or rien n’a été replanté, et lorsque, il y a plusieurs années, des replantations ont été faites suite à l’abattage consécutif au remplacement de la palissade, il n'y a pas eu le moindre suivi ni arrosage, et tous les arbres replantés sont morts !

    Je vous renvoie à ce que j'ai dit tout à l'heure à propos des espaces verts : le cas du jardin en haut de la rue Lamarck est peut-être rendu plus difficile en raison de la qualité très médiocre des sols, qui n'a pas permis aux arbres de prospérer. C'est un lieu où il serait bon de laisser s'installer, en plus des plantations, une végétation naturelle, de type "maquis urbain".

    Ajoutons qu'en l'occurrence, c'est aux religieuses occupant les lieux qu'il incombe d'arroser les plantations comme il convient, et il serait bon de le leur rappeler.

    À Lamarck comme ailleurs, nous nous efforçons de replanter, mais en variant les essences, et parfois en limitant le nombre des arbres pour les raisons invoquées tout à l'heure.

    Ceci vaut également pour le jardin de la rue Gabrielle, où des ruches ont été installées à l'initiative de l'ADDM18. Certains arbres ont été abattus, et tous ne seront pas replantés, pour garantir, comme je l'ai dit, un ensoleillement mieux réparti, qui permette au sous-bois de bien se développer.


le 18 mars 2014

Classé dans : Municipales 2014 - Mots clés : aucun

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